
SYNOPSISMalgré l'interdiction concernant la transmutation des êtres humains, Edward et Alphonse Elric se sont mis en tête de ressusciter leur défunte mère grâce à l'alchimie. Malheureusement pour eux, leur expérience va très mal tourner, résultat : l'un perd une jambe, tandis que pour l'autre c'est encore plus dramatique, puisque c'est le corps tout entier qui fait défaut. Cependant, en sacrifiant un de ses bras, Edward réussit à contenir l'âme de son petit frère dans une immense armure. Depuis ce jour, l'aîné vit avec des prothèses métalliques, il est devenu par la suite un alchimiste d'État et scrute avec Alphonse les routes à la recherche de ce qui leur permettrait de recouvrer leur apparence d'origine... AVISFullmetal Alchemist, FMA pour les intimes, est un manga d'action / aventures écrit et réalisé par Hiromu Arakawa qui, comme son nom ne l'indique pas, est une femme. Une remarque qui a son intérêt lorsqu'on sait que la série est publiée dans le Shônen Gangan de Square Enix. Elle fait donc partie, avec Rumiko Takahashi (Ranma ½) entre autres, de ces femmes dessinant pour un public de garçons. Avec plus de 10 volumes parus à ce jour au Japon, FMA est déjà un véritable succès qui s'est concrétisé par la sortie d'une série TV et même d'un très récent film d'animation.
Le début de cette histoire nous conditionne assez vite au monde obscure et méconnu de l'alchimie, avec en guise d'utilisateur le dénommé Edward Elric, un adolescent devenu grâce à son génie un alchimiste d'État (autrement dit, il bosse pour l'armée). Il recherche avec son frère Alphonse le moyen de recouvrer leur corps d'origine, gravement modifié depuis le jour où ils ont tenté de ramener leur mère à la vie. Leur enquête avance plutôt vite, puisqu'ils savent déjà quoi chercher, reste maintenant à mettre la main dessus. De là découle un récit assez classique, ponctué de combats dignes d'intéresser les amateurs de ce genre de lecture, mais qui risquent également d'en lasser d'autres. Les situations, finalement peu innovantes à la base, s'avèrent cependant parfois assez inattendues dans leur dénouement, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité, mais tend néanmoins à prouver que l'auteur s'évertue à proposer du rebondissement dans son manga, élément essentiel pour tenir en haleine le lecteur le plus blasé. Les personnages apparus dans ces deux premiers tomes tiennent des rôles relativement efficaces et n'épateront pas obligatoirement tout de suite. Le héros par exemple n'est pas véritablement charismatique, mais parvient au bout d'un certain temps à se faire apprécier, grâce à son comportement caractériel, son intelligence et sa fragilité d'enfant. Ce n'est pas pour autant qu'il devient en deux volumes seulement un héros emblématique du shônen manga, les places sont bien gardées. Il va falloir sûrement attendre de découvrir ce que propose la suite de ses aventures pour se faire une opinion plus arrêtée. Les personnages dits secondaires ne manquent évidemment pas à l'appel. On a ainsi le loisir de voir à quel point ils sont efficaces dans leur fonction, teintée pour certains d'une bonne dose d'humour (Armstrong), tandis que d'autres, plus sombres et énigmatiques, se révèlent être d'un intérêt plus consistant.
Graphiquement parlant, certains points peuvent rappeler les dessins de Masashi Kishimoto (Naruto), notamment la largeur des visages. Sinon, l'ensemble est très équilibré, avec un rendu collant parfaitement au type d'ouvrage, comme le prouve le cadrage très classique mais efficace de chacune des planches peu avares en trames autocollantes, mais aussi le soin apporté au découpage de l'action qui, même s'il manque parfois de réussite, reste d'une lisibilité parfaite. Gageons que la suite ira en s'améliorant, tout en gardant cette constance dans le travail.
En bref, FMA est un manga qui démarre de manière très sobre (pas de moments très marquants pour l'instant), mais qui s'inscrit d'ores et déjà dans la mouvance des shônen manga accrocheurs disposant de personnages auxquels on finit par s'attacher. La suite devrait le confirmer, à moins que les millions de fans de la série se soient tous forvoyés dans leur engouement. ADAPTATION FRANÇAISESi le rendu des jaquettes manque un peu de précision, on peut en revanche dire que l'ensemble de l'ouvrage édité par Kurokawa s'en sort on ne peut mieux. Matériellement parlant, on a droit à un papier blanc d'un bon grammage (attention aux marges extérieures coupées), d'une reliure tout à fait souple et d'un encrage relativement bien étalé (quelques rares pages sont assez fades, il faut le reconnaître). Le travail de traduction et d'adaptation semble avoir été bien réalisé, les tournures sont très naturelles et se révèlent être un plaisir à lire, malgré quelques fautes de ponctuation (et une d'orhographe relevée). Le lettrage est quant à lui très sympathique et les retouches graphiques sont convaincantes, même si on aurait personnellement aimé voir les onomatopées d'origine. Sens de lecture japonais.
DU MÊME AUTEUR

|
RYO07/09/2005 |
|