
SYNOPSISTura, Ai et Julie sont trois charmantes sirènes vivant dans les profondeurs marines, leur passe-temps favori : attirer les pêcheurs égarés dans leur bordel de luxe afin de les? dévorer ! Ces meurtres en série ne sont que le fruit de la vengeance des filles pour leur défunte mère, autrefois assassinée par des humains. Malgré cette haine farouche envers les hommes, Julie va vite tomber amoureuse de Suekichi, un bon à rien qui l'a un jour attrapée dans ses filets, pour finalement la relâcher après coup, la sauvant par la même occasion d'un atroce traitement... AVISAprès Cinderella et Hansel & Gretel, Junko Mizuno s'attaque cette fois-ci à l'adaptation en manga du célèbre conte de Hans Christian Andersen : La Petite Sirène. Là encore, la mangaka donne libre cours à son imagination fertile et s'éloigne grandement de l'œuvre originale, pour notre plus grand plaisir !
Ce one-shot pas bien épais de 130 pages environ, mais entièrement en couleurs (ce qui n'est pas rien), reste dans l'esprit de ce qui a été fait dans les deux ouvrages précédemment cités. Mizuno mélange habilement à son histoire les trois composantes qui ont fait la singularité et l'intérêt de son travail : sexe, "kawaiirie" et surtout violence, dont le degré a encore atteint ici un nouveau pallier, car plus "réaliste" dans son traitement et sa représentation visuelle ; ça gicle en effet pas mal lors de certaines scènes, même si c'est toujours très "théâtralisé". Difficile pourtant de parler de réalisme à la vue des dessins si particuliers de l'auteur, tout en rondeur et en petitesse. Le rendu est toujours aussi soigné, les couleurs sont en revanche moins criardes qu'à l'accoutumé, elles renforcent ainsi davantage le côté moins enjoué du manga, pour ne pas dire très sombre, de par certains aspects des choses, comme le proxénétisme banalisé, l'addiction de Tura pour certains médicaments, le trafic de sirènes, etc. On le disait un peu plus haut, le scénario n'est pas ce qu'il y a de plus fidèle à l'œuvre d'Andersen, loin de là. On retrouve ainsi un mélange de plusieurs éléments du conte original, l'histoire d'amour impossible entre Julie et Suekichi se termine par exemple d'une façon bien curieuse, l'homme étant bien souvent relégué au second plan chez Mizuno, de même que la quête de vengeance de Tura, dont les éclaircissements finaux sont emprunts d'une certaine mélancolie poétique qui donne toute une personnalité à ce manga drôlement bien fichu. À noter pour finir qu'il y a en fin d'ouvrage une histoire bonus très rigolote (disons plutôt que c'est très con) mettant en scène Mina, un personnage déjà apparu de la même façon dans Hansel & Gretel.
Plaisir des yeux, plaisir de lecture, cette Petite Sirène de Junko Mizuno a décidément toute les qualités requises pour plaire à un lectorat adulte aimant les termes "originalité" et "décalé", devenus au fil du temps la marque de fabrique de cette mangaka pleine de talents, mais hélas trop peu connue en France. Trop underground pour intéresser un large public, ça doit être ça... ADAPTATION FRANÇAISEL'éditeur IMHO semble avoir trouvé le format standard pour les prochains Junko Mizuno qu'il compte éditer. L'ouvrage est ainsi aux mêmes dimensions que Hansel & Gretel, qui dépasse d'un demi-centimètre en hauteur Cinderalla. La jaquette est plus ou moins identique à celle de la version d'origine (la couleur mise à part), le logo titre est très bon et s'incruste bien à l'illustration. À l'intérieur, on note avec plaisir que les pages sont d'une impression de bonne qualité, les couleurs sont bien restituées, le tout donnant une reliure tout à fait agréable à manipuler. Les onomatopées ont été refaites par la mangaka elle-même, ce qui nous vaut des termes américanisés style "Thud", et autre "Thunk", du plus bel effet. Le lettrage est soigné, le choix du Comic sans MS est plutôt judicieux ici, puisqu'il s'incorpore bien avec le graphisme rondouillard de l'auteur. Sens de lecture occidentalisé, dessins renversés pour l'occasion par Junko Mizuno herself.
DU MÊME AUTEUR

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RYO13/11/2006 |
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