
SYNOPSISDans l'obscurité de la nuit, il ne fait pas bon de voyager dans le ciel, surtout si l'on ne veut pas croiser sur son chemin les Sastros, ces terrifiants pirates de l'air sanguinaires n'ayant aucune morale ! C'est du moins ce que maintient l'armée gouvernementale vis-à-vis de l'opinion publique car, en réalité, Koto, Bell, Meister, Cello, Flûte et Cymbal agissent dans l'ombre pour contrecarrer le noir dessein des puissants. Après une opération rondement menée, ils vont tenter de stopper une fois encore l'acheminement d'une dangereuse cargaison, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'un piège leur a été tendu... AVISManga plutôt bref que l'on doit à deux illustres inconnus de notre base de données, Hirokatsu Kihara (scénario) et Aki Shimizu (dessin), L'Escadrille des nuages a pourtant réussi avec ce premier volume à apporter du crédit au talent de ses auteurs. Une série où l'action et la stratégie de groupe prennent une place importante dans le récit et un premier contact qui s'avère vraiment très efficace, à défaut d'être inoubliable.
Ce premier opus se divise principalement en deux missions, où les talents divers de la fine équipe vont être mis à rude épreuve. Un peu à l'instar de Mission Impossible, la série culte de Bruce Geller, chacun des personnages aura un rôle déterminant à jouer, afin d'appuyer comme il se doit le collègue dans ses œuvres. Cette stratégie collective, orchestrée dans l'ombre par "le boss", évidemment, se suit avec intérêt et permet des situations théâtrales efficaces et parfois même spectaculaires. Ce dernier cas s'extériorise de bien belle façon lors de la première opération aérienne qu'on découvre en débout d'ouvrage, grâce à un découpage séquentiel réussi, mais surtout à des choix d'angles de vue variés, permettant de faire "ressentir" au mieux le vertige des mouvements effectués par ces as de la voltige. En revanche, concernant la personnalité des protagonistes, on ne peut pas dire que ce soit d'une folle inventivité, les stéréotypes sont une nouvelle fois à l'ordre du jour, avec par exemple l'imposant mais réfléchi Meister, l'excentrique Cymbal, Flûte la plantureuse mais redoutable combattante, etc. La héroïne, Koto, semble quant à elle un peu en retrait pour l'instant, même si elle a occupé un rôle crucial durant la première mission.
Côté graphisme, il faut avouer que le résultat, même si loin d'être exceptionnel, respire bon le professionnalisme chevronné. Le trait d'Aki Shimizu est dans la lignée de ce que propose Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist), à savoir fin, assez doux et sans trop de fioritures. Sans oublier le character design très agréable. C'est d'autant plus notable que ce sont toutes deux des femmes faisant des manga pour garçons. Le cadrage est plutôt rigoureux et les séquences choc sont bien rendues, avec des choix judicieux de placements. Que demander de plus ?
Ce n'est pas trop s'avancer que de dire que L'Escadrille des nuages est un très bon manga d'action, disposant de plus d'un scénario plutôt élaboré et d'une bonne flopée de personnages qui se complètent finalement tous assez bien. La suite des événements devrait être tout aussi intéressante à lire, les instants clés ne manqueront certainement pas, puisque la mi-parcours sera atteinte. ADAPTATION FRANÇAISESoleil Manga réussit là une adaptation française de toute beauté, à commencer par la qualité matérielle de l'ouvrage, très convaincante. On a pour ainsi dire l'impression de tenir un manga original. L'éditeur semble avoir trouvé avec son imprimeur un bon équilibre côté papier et impression, et on ne s'en plaindra pas (même si l'illustration de la jaquette manque un peu de netteté dans les contours). L'editing n'est pas mal non plus, puisque le lettrage par exemple est bien effectué, avec un choix de police parfait. La traduction a l'air elle aussi d'être de bonne qualité, même si on remarque tout de même trois orthographes pour désigner les pirates de l'air : "Sarastros", "Satros" et "Sastros", cette dernière retranscription étant utilisée le plus grand nombre de fois, on en déduit que c'est la bonne (et donc utilisée pour le synopsis du dessus). Le sens de lecture est conservé, tout comme les onomatopées, traduites de temps en temps lorsque c'est jugé utile ou carrément refaites lorsqu'elles sont discrètes (donc facilement retouchables).
DU MÊME AUTEUR

|
RYO08/10/2005 |
|