
SYNOPSISÀ Yahwari, quelque part en Corée, un facteur fait sa tournée habituelle à bord de sa bicyclette rouge. Le jeune homme prend plaisir à distribuer le courrier aux habitants, pour la plupart d'un certain âge, et tous sont très heureux qu'il passe les voir. L'un de ses plaisirs est de contempler le paysage qui défile à toute allure devant lui, lorsqu'il traverse par exemple le chemin bordé de peupliers menant à la fameuse maison blanche où l'attend patiemment sa propriétaire. Autre plaisir que lui procure ce métier : rendre visite à son ami poète qui, pour chacune de ses visites, lui écrit un poème en guise de remerciement... AVISLa Bicyclette Rouge est un manhwa tout en couleur signé Dong-Hwa Kim, qui raconte de manière simple mais belle le quotidien d'un facteur traversant des villages dans le cadre de sa distribution de courrier, au cœur même d'une nature verdoyante riche en sérénité. Composé d'une trentaine de tranches de vie toutes subtilement racontées, ce premier volume réussit le pari d'envelopper le lecteur dans une sensation d'apaisement qui ne peut le laisser indifférent.
Comparable à l'excellent L'homme qui marche du voisin nippon Jirô Taniguchi, l'œuvre de Dong-Hwa Kim, tout aussi poétique dans le fond, se distingue tout de même par un côté plus bavard. En effet, dans les petites histoires qu'elle propose, les paroles des personnages ne sont pas à prendre à la légère, même si elles sont d'une simplicité avérée. On pourrait dire qu'ici le texte se joint à l'image, tant l'osmose entre les deux est quasi parfaite. Cette réussite provient très certainement de la présence des couleurs appliquées aux planches, qui sont globalement bien choisies, même si le côté "made in computer" peut trouver ses détracteurs. Et puis, ce serait mentir de dire que le style graphique de l'auteur fera l'unanimité. Loin d'être moche, le trait employé pour les dessins dégage malgré tout une vague odeur d'amateurisme. Le mot est peut-être un peu fort, mais l'aspect des personnages est si simplifié (le visage du facteur par exemple) qu'on pense percevoir en lui les limites techniques du manhwaga. Fort heureusement, ce dernier parvient à se tirer d'affaire avec brio grâce à de bien beaux décors (les double pages de transition sont réellement superbes). D'après le rabat de couverture, l'ensemble de l'ouvrage a été réalisé par ordinateur, ce qui explique le cadrage un peu trop net, de même que le tracé des phylactères et cette impression de "propreté" environnante.
Il n'y a finalement pas grand chose à dire sur ce titre, car vous pouvez être sûr que tout se ressent bien mieux en le lisant. On pourrait en faire des tonnes en disant qu'un certain onirisme ressort immanquablement de ces tranches de vie pourtant banales, ou encore que chacune d'entre elles est comme une légère brise caressant le visage des lecteurs qui les suivent, mais à quoi bon ? La Bicyclette Rouge est une excellente surprise venue du Pays du Matin Calme, son auteur Dong-Hwa Kim signe là, malgré des lacunes graphiques, un petit ouvrage de qualité, et, chose importante, n'oublie pas d'y délivrer des messages symboliques qui se découvrent et se dégustent en silence. ADAPTATION FRANÇAISEPaquet délivre là une édition de qualité, avec notamment un matériel d'une bonne robustesse (couverture et papier). L'impression est... impressionnante, c'est le mot. La netteté est au rendez-vous, aucun fléchissement au niveau de l'encrage n'est à signaler. Le lettrage est de plus excellent (jolie police de caractère) et les rares onomatopées sont laissées en l'état pour la plupart. On a droit en guise de "bonus" à un petit poème de l'auteur, avec s'il vous plaît une photo à l'appui dans les premières pages, ce qui est assez rare dans les BD. Sens de lecture à la coréenne (donc comme chez nous), ouvrage grand format et prix relativement bon marché pour la qualité du produit.
DU MÊME AUTEUR

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RYO02/10/2005 |
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