
SYNOPSISBlack Jack est ce qu'on appelle un médecin marron ; autrement dit, il exerce dans l'illégalité totale. Bien qu'ayant un corps recousu de la tête au pied, il manie le bistouri comme personne. Baptisé "le chirurgien de l'impossible", il est pour la médecine ce qu'est Mozart pour la musique, à savoir un génie. On fait appel à lui lorsque la situation semble désespérée. Mais attention, la somme à payer est, la majeure partie du temps, mirobolante... AVISManga à être paru au début des années 70, Black Jack est sans doute l'une des plus grandes œuvres d'Osamu Tezuka, si ce n'est la plus grande. À première vue, après avoir lu quelques chapitres, on se rend compte que tout n'est que prétexte pour des opérations chirurgicales que Black Jack doit à chaque fois réussir. Ça semble donc répétitif vu de cette manière, mais il n'en est rien. Plus que ce côté médecine (qui prend malgré tout une grande place dans le manga, même si parfois surréaliste), Tezuka, comme d'habitude, est sans pitié, sans pitié contre la société qu'il côtoie tous les jours. Le fait que les différents clients du médecin marron fassent partie de toutes les classes sociales n'empêche pas Black Jack de demander des sommes considérables, et même impossibles à atteindre. Le pauvre père de famille employé de bureau, tout comme le richissime PDG, devra dans tous les cas souffrir. Comme une leçon d'humanisme, Tezuka dévoile ainsi en quelque sorte aux riches la pauvreté de leur cœur et aux pauvres la grandeur de leur âme. Et comme si c'était une marque de fabrique chez le mangaka, les fins semblent souvent bien injustes, bien qu'elles prêtent à réfléchir. Grâce à elles, on prend conscience que la vie est souvent cruelle et ainsi faite, mais également qu'elle est précieuse et inespérée. Peut-être devons-nous y voir aussi un message d'espoir pour les futures générations ? Allez savoir. La vie, c'est vraiment le thème principal de ce manga. Parfois, il suffit qu'il y en ait une qui se substitue à une autre pour créer des miracles, mais ça, le chirurgien de l'impossible en est le seul juge, bistouris aux mains.
Côté réalisation, on ne peut pas dire que le dessin de Tezuka rende béat d'émerveillement le lecteur, le style graphique ayant tout de même fait son temps, même s'il reste d'une certaine façon "vivant". Le cadrage employé est digne des premières bandes dessinées américaines, c'est-à-dire simple, peu esthétique, mais suffisamment clair pour comprendre les dessins, malgré un nombre de cases peut-être trop important. Le découpage est un peu maladroit par moments et les transitions sont des fois absentes, ce qui a pour effet d'accélérer grandement la narration. Les fins semblent aussi quelques fois "interrompues", mais c'est ce qui fait la particularité de Black Jack.
Manga universel, Black Jack s'adresse à tous les lecteurs. Souffrant hélas d'une réalisation un peu vieillotte, cette œuvre reste malgré tout une vraie merveille. Une lecture intelligente, drôle (notamment grâce à Pinoko), émouvante et qui fait réfléchir sur les différentes crises que l'homme doit affronter chaque jour. Vivement recommandé ! ADAPTATION FRANÇAISEDepuis l'arrêt prématuré du manga paru chez Glénat, c'est Asuka qui a repris le flambeau. Ayant opté pour l'édition "bunko", c'est-à-dire plus petite encore que celle dite "classique", les dessins de l'auteur gagnent ainsi une nouvelle "finesse", essentiellement due au rétrécissement des planches. De plus, et ce n'est pas négligeable, la pagination est plus importante d'une centaine de pages ! Les jaquettes disposent de jolis visuels, dommage cependant que les superbes illustrations d'origine n'ont pas pu être conservés pour des problèmes de droits. Dans les reproches qu'on pourrait formuler à l'éditeur, outre les quelques fautes d'orthographe qui traînent à droite et à gauche, il y a la rugosité du papier qui ne convient pas du tout à ce type de support, rendant ainsi la reliure d'une rigidité quasi extrême. À titre de comparaison, son homologue japonais dispose de pages plus fines et plus douces, rendant la manipulation de l'ouvrage très agréable, car souple. Mais bonne nouvelle : on nous promet du changement à ce niveau-là dès le troisième volume. La traduction a l'air de très bien s'en tirer, on constate juste qu'entre deux volumes, Pinoko change d'"accent". Elle zozotait déjà dans le premier volume, de façon "normale" on va dire, il n'était pas nécessaire de rajouter des "J" un peu partout dans ses syllabes dans le second ! L'encrage a quelques ratés, mais ça reste anodin, les pages en couleurs du début de volume donne un aspect luxueux de la chose, le lettrage narratif est bien trouvé, par contre celui des phylactères reste discutable quant à son aspect esthétique. Le rapport qualité / quantité / prix est très bon et le sens de lecture est conservé.
NB : Certains volumes 2 ont leurs pages 222 et 223 manquantes. Vous pouvez vous le faire échanger chez votre libraire.
DU MÊME AUTEUR

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RYO06/05/2004 |
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