
SYNOPSISL'impétueux Yoshimori et la réfléchie Tokine sont depuis leur plus jeune âge ce qu'on appelle des kekkaishi, autrement dit des experts capables de créer des champs de force. Ils sont tous deux issus d'une lignée ancestrale dont la mission est de lutter contre des entités surnaturelles attirées par le domaine des Karasumori, aujourd'hui remplacé par un établissement scolaire que les deux jeunes amis fréquentent par ailleurs, et dont on dit que les membres de la famille avaient une énorme force spirituelle. Une fois entrées dans cette zone, les créatures fantastiques voient leurs capacités augmenter prodigieusement, ce qui ne facilite bien évidemment pas leur éradication. Le secret des Karasumori semble de plus en plus intriguer Yoshimori, qui va tout faire pour protéger celle qu'il aime et lui éviter de revivre la souffrance qu'elle a autrefois connue par sa faute... AVISKekkaishi est réalisé par un certain (certaine ?*) Yellow Tanabe, il s'agit d'ailleurs de son premier manga à succès qui vient de franchir il y a peu la barre des 15 volume reliés au Japon. C'est, comme on s'en doute un peu à la vue des jaquettes, un shônen très classique, mais qui fonctionne plutôt bien, avec quelques combats efficaces et des personnages relativement attachants.
Dans cette série, l'auteur (et surtout son responsable éditorial, comme on nous l'apprend de façon très comique à la fin de chaque tome), nous raconte une histoire de chasse aux monstres ancestraux dans un milieu contemporain. Les personnages sont évidemment très jeunes (le héros a 14 ans), comme le veulent les codes de ce genre de lecture pour le moins formatée, et ce n'est pas une critique que de le dire, juste un constat. Ce formatage assez visible n'est pourtant pas une tare en soi, en effet, les différents chapitres s'enchaînent avec beaucoup de plaisir et de fluidité, le côté humoristique est bien présent et crédite aux personnages un capital sympathie fondamental pour la suite. L'intrigue dite sérieuse (car il en faut bien une) au sujet des Karasumori et de tout le tumulte qu'il y a autour mérite quant à elle attention. Kekkaishi saura plaire de toute évidence aux lecteur avides d'action et peu farouches à l'idée d'avoir affaire à un cas plus complexe qu'il n'y paraît, allant bien évidemment de pair avec la notion de (sur)puissance. Malgré tout, il faut reconnaître que les divers combats font preuve d'inventivité et d'originalité. Cette touche de stratégie pourrait même convaincre les personnes qui en ont un peu peu ras le bol de la surenchère de force qui règne dans les shônen manga, même si on n'est évidemment pas à l'abris de cet aspect scénaristique dans Kekkaishi, les pouvoirs de Yoshimori ayant considérablement augmenté en 6 volumes...
Les dessins de Tanabe sont vraiment dans la lignée de ce qu'on trouve dans le genre. Son style est maîtrisé et les lignes un peu rondouillardes dessinées voulues. Le cadrage s'harmonise bien avec les différentes phases du récit, tantôt houleuses, tantôt paisibles. Ainsi, les scènes de combats sont du plus bel effet, bien que le rendu soit toujours perfectible. Bref, du travail de professionnel qui fait plaisir à voir, à défaut d'émerveiller.
Pour faire court, on peut dire qu'il ne s'agit évidemment pas de la lecture du mois, et encore moins de l'année. Pourtant, ce manga très sympathique a le mérite de proposer un contexte plutôt recherché et des affrontements assez élaborés dans leur déroulement. Un énième manga qui veut certainement se faire une place aux côtés des indétrônables Naruto et One Piece. Même s'il n'y arrive pas, on lui souhaite tout le succès qu'il mérite. ________
* Le traducteur de la version française opte pour le fait que qu'il s'agit d'un homme, on le voit dans les petits mots en rabat de couverture. La page japonaise de Wikipedia dit en revanche que c'est une femme. Les anecdotes de fin d'ouvrage font malgré tout penser que Yellow Tanabe est de sexe masculin. ADAPTATION FRANÇAISEPika Edition a changé plusieurs fois d'imprimeur, et ça s'en ressent au niveau de la rigidité des couvertures (et non des jaquettes). Le dernier en date propose quelque chose d'un bon niveau qualitatif, même si le papier employé est loin d'être d'une blancheur immaculée et d'un grammage conséquent. Cela étant, le reste du travail est très satisfaisant, à commencer par le lettrage de l'éditeur, tout à fait correctement réalisé, les onomatopées originales ont quant à elles été remplacées avec plus ou moins de réussite par de nouvelles en "français". La traduction semble d'un bon niveau, malgré quelques coquilles relevées ici et là (des trucs comme "metsu" à la place de "ketsu" par exemple). Sens de lecture japonais conservé.
DU MÊME AUTEUR

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RYO11/02/2007 |
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