
SYNOPSISLa vie d'un homme peut être parfois bien simple. Une banale promenade dans le parc peut se transformer en véritable découverte, même pour quelqu'un d'expérimenté. Contempler la nature, respirer l'air du vent, profiter des rayons du soleil ou encore de la pluie malgré soi, regarder les autres marcher, piquer une tête dans la piscine, le calme et la quiétude, le repos et la tranquillité, le bruit mais aussi le silence... Voici les mots qui résumeraient de façon simpliste, mais néanmoins juste, le train-train habituel d'un homme qui marche, ou plutôt de L'homme qui marche. AVISNous avons affaire ici à une œuvre du talentueux Jirô Taniguchi, à qui l'on doit en particulier l'excellent Le journal de mon père (Chichi no koyomi). À vrai dire, il s'agit là d'un manga bien particulier, vous n'y trouverez ni véritables actions, ni énormément de textes. À l'image de la narration, la lecture est reposante, enivrante même dirais-je. Un certain bien-être arrive à nous sans que l'on s'en rende compte. L'intérêt de ce manga réside justement dans le fait qu'il ne s'y passe rien, du moins rien de vraiment notable, un peu comme si cet homme qui marche, c'était nous. C'est encore plus troublant quand on s'aperçoit que du début à la fin, on ne connaît pas le nom de cet individu qui marche, et qui marche...
L'autre grande particularité de ce titre se situe bien sûr au niveau des dessins qui sont en parfaite osmose avec la poésie qui ressort de l'œuvre. Taniguchi parvient avec son trait pourtant simple mais précis à nous restituer parfaitement les décors qui ont une place importante dans l'appréciation du manga. En effet, ils sont tellement criants de vérité que l'on croirait vraiment visiter le quartier dans lequel on a toujours vécu. Les personnages ne sont pas en reste, bien que personnellement le style des personnages ne me fasse pas plus d'effet que ça. Plus que jamais, ce sont les décors qui priment et qui jaillissent des planches, un exemple : à un moment donné, l'homme promène son chien et arrive devant un immense parc, la planche se finit au moment où l'homme tourne la tête. On tourne la page et on découvre un double page. indescriptiblement belle ! La magie prend place dans l'esprit du lecteur, ça en devient même féerique, sans exagérer... !
Comment résister à ce manga ? la réponse est simple : on ne peut pas ! Pourquoi ? Tout simplement parce L'homme qui marche est unique en son genre, il est à la fois beau, accessible mais aussi très poétique. Il parvient en même pas 150 pages à nous plonger littéralement dans un univers de paix... presque de rêve, et pourtant si réel que l'on n'en décrochera pas si facilement. À posséder absolument dans sa collection. ADAPTATION FRANÇAISEUne autre grande trouvaille de Casterman, mais l'adaptation souffre de quelques bugs de retouches. Je m'explique. Pour ne pas inverser les caractères japonais de certaines cases, étant donné que le sens de lecture est occidentalisé, l'éditeur a jugé nécessaire de retourner les cases en question. De ce fait, le placement de celles-ci sont parfois maladroite et pas parfaitement alignées par rapport aux autres (regardez de plus près, vous verrez). Et, quelque part, c'est vraiment regrettable car à l'origine le cadrage de Taniguchi est à n'en pas douter parfait. Un exemple tout bête pour prouver ce que je dis : p.78, le couple n'est pas assis du même côté entre chaque case ! À part ça, le lettrage est fait à la main, il est d'ailleurs plutôt réussi. Le papier employé est bon même s'il jaunit plutôt vite. Une très bonne adaptation, pas chère en plus, qui hélas souffre du problème évoqué un peu plus haut. Vraiment dommage, car ç'aurait pu être parfait. Oui oui, parfait.
DU MÊME AUTEUR

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RYO10/03/2002 |
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