
SYNOPSISLa maison Ikkoku est une pension où vivent des gens bien curieux. Parmi ces personnes, on trouve un peu de tout : une mère de famille fêtarde et alcoolique, une jeune fille plutôt libertine, un type franchement louche ou encore un étudiant raté. Justement, cet étudiant, ce Yûsaku Godai, on peut dire qu'il n'est vraiment pas gâté par ceux qui l'entourent ! Sans cesse dérangé durant ses révisions, il décide un jour brutalement de quitter la pension tenue alors par un vieux monsieur. Soudainement, allez savoir pourquoi, quand une nouvelle concierge, Kyôko Otonashi, débarque pour occuper sa fonction, ce dernier change d'avis. La foudre s'est abattue sur lui : il est tombé raide amoureux de la jeune femme... AVISVoici l'un des premiers manga de la talentueuse Rumiko Takahashi, a qui l'on doit des séries à succès comme Ranma 1/2 ou plus récemment Inu Yasha. Le grande force de la mangaka repose principalement dans sa grande maîtrise de la mise en scène, car au niveau du dessin, il faut bien appeler un chat un chat, ce n'est pas encore tout à fait le Nirvana. Alors, mettons ça sur le compte des débuts de l'auteur qui n'avait vraiment pas le sens des proportions (du corps) et plus spécifiquement des visages, réellement maladroits dans leurs traits. Mais rassurez-vous, ça s'améliore progressivement au fur et à mesure des volumes, même si ça reste plutôt simpliste dans l'ensemble. Et pourtant, malgré tout, ces dessins sont loin d'être repoussants visuellement, on s'y habitue même... ou plutôt, on en fait abstraction pour se plonger dans le récit. Le cadrage, quant à lui, est sobre et très propre, pas d'extravagances dans la mise en page, le découpage de l'action (qui rejoint la mise en scène) est excellent. Une réalisation plutôt correcte finalement, une fois les tout premiers tomes passés.
Mais venons en un peu de l'histoire à présent. Dans Maison Ikkoku, les scènes quotidiennes de vies banales y sont représentées, donnant un côté humain et chaleureux au récit. Rien de bien exceptionnellement dingue dans le propos, mais le charme des personnages fonctionne. Le comique de situation apparaît assez souvent dans la narration, appuyé par un comique visuel parfois hilarant. Les moments embarrassants ne manquent ainsi pas à l'appel, et on a droit la plupart du temps à des rebondissements de dernières minutes assez inattendus, tout un art dont l'auteur maîtrise parfaitement les arcanes. Les personnages sont tous très travaillés, que ce soit pour leur caractère, leur comportement et tout ce qui en découle. On en citera un vraiment très agaçant, mais qui contribue très bien à la drôlerie générale du manga, le dénommé Yotsuya, celui qui n'arrête pas de martyriser ce pauvre Godai. Vraiment un phénomène. À défaut d'être radin, squatteur et sans gêne, il est également entouré d'un certain mystère très agaçant mais essentiel, étant donné qu'on ne sait pas ce qu'il fait dans la vie. En tout cas, personne n'aimerait l'avoir comme voisin, c'est certain !
Pour info ou pour ceux qui débarqueraient de Mars, la série, fort de son succès, a été adaptée en dessin animé de bonne facture que nous connaissons bien pour la plupart, puisqu'il s'agit de Juliette je t'aime, diffusé jadis au Club Dorothée. La version initiale du manga comprend 15 volumes et a été rééditée en 10 volumes pour une version dite "Deluxe".
Pour conclure, on peut dire qu'il s'agit là d'un manga très frais, plutôt adulte dans son propos, et qui mérite que l'on s'y attarde. Pour les fans de Rumiko Takahashi, c'est bien sûr l'occasion de découvrir l'un de ses premiers succès, considéré même par certains comme son véritables chef-d'œuvre ; pour les autres, une fois les dessins digérés (toujours en parlant des premiers volumes), ils arriveront à coup sûr à apprécier cette série comme il se doit, c'est-à-dire énormément ! ADAPTATION FRANÇAISETonkam a repris la version Deluxe de Maison Ikkoku, disposant donc de couvertures refaites par une Rumiko Takahashi qui maîtrise à ce moment-là déjà mieux son coup de pinceau. La mise en page du titre de la couverture est très belle, la police de caractère est bien choisie et remplie même mieux l'espace que dans la VO. À l'intérieur, les pages couleur sont préservées, les onomatopées retouchées, le sens de lecture original est conservé, l'encrage est très bon, les pages bien blanches malgré le fait que le grammage soit un peu léger. Il faut savoir aussi que le "pavé" que constitue un volume fait environ 340 pages, d'où ce choix, sûrement. Le lettrage des bulles est toujours aussi rigide et il y manque pas mal de ponctuations, ce qui fait un peu désordre. Néanmoins, l'adaptation, globalement, est bonne (même s'il y a quelques défauts maladroits comme les fautes d'orthographe, de frappe, etc.), notamment grâce au prix plutôt bon marché pour le nombre de pages et le grand format que proposé.
DU MÊME AUTEUR

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RYO14/03/2002 |
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