
SYNOPSISSuite à une terrible catastrophe naturelle, la Terre est recouverte de sable, assimilable pour ainsi dire à un désert. L'anarchie s'est installée petit à petit avec la venue de gangs, pillant, violant et tuant tout ceux qui se mettent en travers de leur route. Stipe est le dirigeant de l'un d'entre eux, et Juju, un jeune garçon de 14 ans, fait partie de ses sous-fifres. En arrivant à "Higher Ground", une île du coin, ce dernier fait la rencontre d'une énigmatique jeune fille nommée Rael qui, visiblement, possède des dons hors du commun dans l'art de tuer. Mais autre chose de plus mystérieux émane de cette jeune personne, quel est donc ce secret ? AVISVoici donc le deuxième titre de la collection "Big Kana" de l'éditeur Kana, censé être une lecture réservée à des lecteurs plus "mûrs". Au premier abord, sans pour l'instant se soucier de l'histoire, on peut dire que le dessin est vraiment soigné, le souci du détail est évident, le cadrage est également assez excellent dans son ensemble, esthétique, pro et jamais répétitif. Le trait de Takaharu Matsumoto est très vif, pas toujours précis cependant (comprenez par là un peu "crayonné" de temps à autre), très "manga" en fait, pourrait-on dire : yeux assez gros, coiffures stylées, etc. Les planches sont donc toujours relativement "remplies", notamment grâce au tramage finement employé. Bref, aucune impression d'inachevé n'est ressentie, même si parfois on a la sensation de confusion, pendant les combats par exemple, surchargés en onomatopées. Enfin, ne faisons pas la fine bouche, la réalisation est globalement une réussite.
Maintenant en ce qui concerne le scénario, tout ne semble pas aussi parfait. Disons que ce volume 1 essaye, tant bien que mal, de présenter les protagonistes. Et même si l'action est bien présente, elle n'est pas assez "punchy" pour suffisamment accrocher. Prenons pour exemple Rael, cette jeune fille au passé mystérieux et enchaînée aux poignets et aux pieds, le personange introvertie par excellence. Dans le genre, elle rappelle un peu Rei dans Evangelion, mais en tueuse sans pitié ! Le personnage en lui-même est intéressant mais il est dommage que les scènes d'action dont il est le principal acteur soient si peu entraînantes, encore une fois. Le "héros", Juju, n'est par contre pas du tout charismatique, c'est l'incarnation de l'être banal dont le lecteur peut facilement s'identifier. En fait il est tellement quelconque qu'on se demande même parfois ce qu'il fait là. Et, toujours pour comparer avec Evangelion, on a droit à une narration décousue, sous forme de "fragments". Ainsi, il n'est pas rare de trouver des scènes sans queue ni tête qui débarquent à l'improviste dans cette histoire qui paraît déjà bien complexe (attention, complexe ne veut pas forcément dire intéressant). Tout ceci crée une espèce d'ambiance "pseudo philosophique", qui est plus ou moins réussi selon les moments. Bref.
Un petit avertissement pour finir, signalons qu'il y a quelques scènes de nu qui viennent agrémenter les pages ainsi que des passages assez crus. Pour l'instant, ce qu'on constate, c'est qu'il y a de l'idée, un personnage féminin qui a du style même si, au final, il reste assez classique (mélange de Gally de Gunnm pour le côté combattant et de Rei d'Evangelion pour la personnalité) et des combats plutôt moyens (pas assez de dessins intermédiaires, peut-être). Les éléments semblent se mettre en place, attendons un peu pour nous prononcer. Espérons que la suite amorcera déjà un peu plus l'histoire proprement dite, parce que là c'est pour l'instant le flou complet.
Pour un premier tome, l'auteur fait très fort au niveau réalisation, pourtant sur le plan scénaristique, on a vraiment du mal à s'y retrouver clairement, même si pour l'instant plusieurs personnages ne sont pas encore apparus (comme la sœur de Juju ou encore Stipe), ce qui laisse des chances d'obtenir quelque chose de plus intéressant par la suite. Enfin bref, franchement, la lecture de ce tome ne convainc pas totalement du potentiel d'Agharta même si, il est vrai, ce titre a à priori tout pour plaire. ADAPTATION FRANÇAISEKana nous gratifie ici d'une adaptation de grande qualité, déjà au niveau de la jaquette, on a droit à un toucher spécial (style Vagabond chez Tonkam) très doux et de très bonne qualité. La maquette de la jaquette est réussie, les pages couleur sont dotées d'une excellente quadrichromie, le tout sur papier couché de bonne qualité. Le papier sinon est d'un grammage, suffisamment correct pour permettre une reliure pas trop épaisse, agréable à tenir en main et bien souple. L'encrage est très bon, la police de caractère s'adapte toujours aussi bien et le lettrage est parfait. Le seul reproche serait au niveau des onomatopées qui, lors des scènes de tirs par exemple, surchargent un peu trop les planches. Enfin, une biographie de l'auteur est présentée à la fin du volume, une très bonne initiative de la part de l'éditeur.
DU MÊME AUTEUR

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RYO21/03/2002 |
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