
SYNOPSISDurant leur jeunesse, c'est-à-dire en 1969, Kenji et sa bande ont formé une base secrète en herbe tressée. C'était leur QG, là où ils parlaient de tout et de n'importe quoi. Ils ont même créé un symbole, une sorte de marque qui ferait d'eux de vrais amis. Le temps passe, et nous sommes maintenant en 1997. Kenji est maintenant propriétaire d'un "combini", et il s'occupe de la fille de sa soeur. Un jour, il apprend par le gros Maru qu'un de leurs amis d'enfance, Donkey, vient de mourir, il s'agirait de toute évidence d'un suicide. Pour l'occasion, toute la bande s'est réunie pour parler un peu du passé en la mémoire du défunt. Mais avant de rendre l'âme, ce dernier a adressé une lettre à Kenji accompagnée d'une étrange illustration. Mais c'est bien sûr ! Il s'agit du symbole qu'ils avaient établi quand ils étaient gosses. Et il serait visiblement lié à une dangereuse secte dirigée par un certain "ami". Mais qui est-il donc ? AVISJe ne sais pas vous, mais moi, je n'ai même pas attendu de connaître l'histoire de ce manga pour me ruer sur son premier volume. Il faut dire que le nom de l'auteur y est peut-être aussi pour quelque chose. Non, je mens bien sûr, il y est grandement pour quelque chose ! Si vous connaissez Monster (qui vient de se finir au japon) ou encore Yawara, vous savez que je parle de Naoki Urasawa, celui qui est aujourd'hui l'un des auteurs les plus prolifiques du pays des manga. La question est : "ai-je eu raison de foncer tête baissée sur cette œuvre dont la couverture et le titre laissent très perplexe ?". La réponse est définitivement "oui !". Un titre à succès, ça se sent et ça se remarque assez vite. Dans 20th Century Boys, on le voit entre autres grâce à une narration finement tournée, un peu à la manière d'un vrai film. L'auteur joue beaucoup sur la notion d'espace-temps, il passe allègrement du passé des protagonistes au moment du fameux "drame" de l'humanité, et même à en juger avec ce premier tome, au "résultat final" (le 21e siècle). Personnellement, j'ai constaté que le manga avait des faux semblants du film de Tommy Lee Wallace : It ou rebaptisé en France Il est revenu ou encore Ça. On n'en est pas très loin en fait, surtout pour le fait qu'un groupe d'amis qui se retrouve des années plus tard pour vaincre une entité néfaste. En tout cas, à ce stade de la lecture, je ne peux pas trop m'avancer, mais je dirais que cet "ami", apparemment le grand méchant de l'histoire, fait au moins aussi peur que le clown de Ça (ça reste relatif à l'âge du visionnage !). Mais arrêtons-là la comparaison et voyons plutôt ce que ce titre a d'autres dans les tripes et qui fait déjà de lui un (grand) classique. Premier constat : les divers passés de nos héros sont attendrissants et reflètent vraiment de manière humaine et réaliste la jeunesse de garçons ordinaires des années 70, avec des jeux de l'époque, les revues érotiques visionnées en cachette (ça n'a pas vraiment changé, ça), les bandes dessinées, les réunions pour "sauver le monde", tout pour que l'on puisse s'identifier sans problème à ce genre de personnages, pour qu'on s'y attache le plus possible et pour qu'on puisse également cerner leur personnalité. De toute évidence, l'"ami", toujours montré de façon masquée, faisait partie de cette bande, étant donné qu'il connaît "la marque" et qu'il l'emploie comme symbole de sa secte.
En ce qui concerne la réalisation maintenant, on constate que depuis Monster, certains éléments comme les traits des visages ont gagné en finesse, le cadrage est aussi un peu plus élaboré mais ne change pas tellement des autres titres de l'auteur, à savoir très propre et vraiment professionnel. Le dessin en lui-même est très plaisant, se rapprochant pour ainsi dire plus de la bande dessinée "franco-belge" que nippone, bien que certains codes graphiques spécifiques du manga soit bien sûr présents. Le découpage de l'action est quant à lui très bien rythmé.
Ce premier tome de 20th Century Boys est vraiment très bien construit, il place les éléments de manière subtile et concrète. On sait apparemment déjà l'aboutissement de l'histoire, mais on prend plaisir à découvrir les faits, un peu comme un puzzle dont on connaît déjà le résultat final. C'est à priori un grand manga à découvrir d'urgence. Ah, vous l'avez déjà acheté ? Au temps pour moi ! ADAPTATION FRANÇAISEIl s'agit d'une adaptation signée Génération Comics. De prime abord, on s'aperçoit que la couverture est loin de son homologue japonais, les photos sont remplacées par des motifs bizarroïdes, le format est le même qu'en VO, l'intérieur est très bien adapté, le lettrage y est excellent. Les pages, bien qu'assez épaisses, souffrent de l'effet jaunâtre et de l'ondulation due à l'humidité environnante, rendant ainsi le manga assez rigide, ce qui n'est pas idéal à tenir en main, l'encrage quant à lui est plutôt bon, la traduction n'est pas en reste mais gare aux fautes d'orthographe. Les onomatopées sont faites sur les originales, en fait, elles sont réalisées sur la continuité de celles de la VO, essayant de transformer les caractères japonais en lettres françaises. Le résultat est très laid et même parfois un peu trop grossier (cf. p.12 par exemple). Enfin bon, c'est déjà bien de ne pas trop gâcher le dessin, c'est encore plus vrai lorsqu'on voit que le sens de lecture est conservé (de droite vers la gauche). Une très bonne adaptation gâchée hélas par un prix vraiment élevé comme d'habitude chez cet éditeur. Dommage, mais que ça ne vous empêche pas d'apprécier ce manga.
DU MÊME AUTEUR

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RYO31/03/2002 |
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