
SYNOPSISIl joue les gros durs mais, en vérité, Masashi Randô, lycéen, est quelqu'un de foncièrement bon. À cause de son côté loubard, il n'attire pas les filles, à son grand désarroi. Secrètement amoureux de la tendre Rina Kurimi, il n'aura même pas l'occasion de lui déclarer ses sentiments, à cause d'un accident de la route qui le fait passer pour mort ! Cependant, grâce à un obscur chirurgien sorti de nulle part, il "revient à la vie" sous l'apparence de Rina… ! En attendant de retrouver son vrai visage, car l'opération coûte cher, il se fait passer pour Yuna, la sœur jumelle de Rina disparue il y a deux ans. Son quotidien ne sera pas de tout repos s'il ne veut pas se faire démasquer par celle qu'il aime... AVISSérie plutôt courte de Yasuhiro Kanô s'adressant aux garçons friands de filles sexy et de situations plus invraisemblables les unes que les autres, Pretty Face est, de l'aveu même de son auteur, un manga incomplet qui laisse au bout du compte pas mal de choses en suspens. La faute certainement au succès relatif du titre lors de sa publication au Japon. Justifié ?
On se demande ce qui a pu pousser l'auteur à écrire un tel scénario. Original dans ses bases, il est tout simplement improbable dans la réalité, techniquement parlant. Oui, bien sûr, ce n'est jamais qu'un manga, mais comme il se veut plutôt "réaliste" (aucun élément paranormal par exemple), ça peut dérouter de voir que toute la tromperie de départ soit gobée si facilement par l'ensemble des protagonistes. Quid de la voix de Masashi quand il "est" Yuna ? Bref, beaucoup de détails passés sous silence pour démarrer rapidement l'intrigue. Le but étant évidemment de divertir, on n'en tiendra pas rigueur, quoique, c'est vraiment trop gros. Pendant l'ensemble de la série, l'auteur injecte bon nombre de personnages assez conventionnels, bien que sympathiques pour la plupart, pour la plupart seulement, car le héros, faussement charismatique, est vraiment loin d'être attachant. Ça en deviendrait même embêtant, car ça porte un coup à l'intérêt de la lecture, les autres personnages ne sortant eux non plus pas vraiment du lot. Les histoires s'enchaînent avec plus ou moins de drôlerie, saupoudrées de situations cocasses propres à ce genre de manga (scènes de onsen, vestiaires, etc.), les gags sont assez moyens jusqu'à l'apparition de Natsuo, qui reste, à titre personnel, l'élément qui va parvenir à égayer un peu la médiocrité générale de cette œuvre (cf. son chantage). Le dénouement arrive finalement au sixième volume, et c'est sans trop de regret qu'on le referme.
Pour ce qui est des bons côtés, on peut dire que ce manga propose une réalisation maîtrisée grâce à un style graphique très fin. Le character design quant à lui est assez classique, mais trouvera sans problème ses fans. La mise en page des planches est, à l'image du reste, soignée, avec une homogénéité qualitative qu'on apprécie chez un mangaka. Vous l'aurez compris, il y a pire que Yasuhiro Kanô comme dessinateur. Doux euphémisme.
En résumé, Pretty Face est une série plutôt moyenne qui fait passer le temps si on ne trouve rien de mieux à lire. Les dessins sont pourtant très attirants, mais les saynètes convenues et pas si drôles, ainsi que le héros assez mauvais dans son rôle, sont loin de mériter votre attention. ADAPTATION FRANÇAISEOn note une traduction d'un niveau satisfaisant, les phrases sont naturelles, etc. Le lettrage est également plutôt bien réalisé, même si cette grande variété de polices proposée est plutôt bizarre, la principale étant de plus mal choisie. Toujours ce problème de point manquant en fin de phrase, mais sinon rien de spécial. Côté fabrication, la qualité de papier laisse un peu à désirer, elle est loin d'être agréable au toucher, et pour couronner le tout, la reliure est rigide. La plaisir de lecture est un peu gâché par cette résistance. La faute à Darantiere, l'un des imprimeurs les plus mauvais pour ce qui est des manga (avec Sagim), mais peut-être aussi (et sûrement) l'un des moins chers. On remarque un changement à partir du tome 2 (imprimerie Corlet), mais le résultat est très similaire, donc insatisfaisant. Aubin ou Oberthure sont de bien meilleurs choix. À bas les reliures rigides ! Vive les reliures souples, bon sang de bois ! Aucun travail n'a été fait sur les onomatopées (même pas de traduction) et sens de lecture d'origine conservé.
DU MÊME AUTEUR

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RYO21/08/2008 |
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