
SYNOPSISUn beau jour, Eiji Matsuda a rencontré Emi Mutsuki, et depuis c'est bien simple : il est raide dingue d'elle. Six mois maintenant que le gaillard de 21 ans s'est retenu de sauter sur sa petite amie, six mois qu'il attend le jour où il pourra passer à l'acte. Une tâche vraiment pas simple. C'est d'autant plus difficile pour lui qu'elle est tout ce qu'il y a de plus désirable. Seulement voilà, s'il se maîtrise autant, c'est avant tout parce qu'Emi a accepté de sortir avec lui à la seule condition qu'il n'y ait jamais de sexe entre eux. Ses pulsions bestiales auront-elles raison de sa promesse ? AVISMasakazu Katsura, le célèbre auteur de Video Girl Ai et plus récemment Zetman, a réalisé en 1996 une histoire d'une cinquantaine de pages intitulée M, originellement publiée dans Allman, un magazine pour adultes édité par Shûeisha. Ce qui fait la rareté et l'engouement des fans pour ce manga, c'est que durant des années il n'a jamais eu droit à une sortie en volume relié (du moins dans son intégralité). L'erreur est aujourd'hui réparée, puisque M est dorénavant disponible dans une belle édition au Japon depuis janvier 2005. Un peu plus d'an plus tard, c'est au tour de la France d'accueillir cet ouvrage très attendu des inconditionnels du maître de la petite culotte.
Même s'il y a un semblant de fond pseudo philosophique dans l'histoire de M, il est inutile de le dissimuler bien longtemps, ce n'est clairement pas ce qui passionnera les acquéreurs du manga. Disons-le tout net : l'intérêt est purement visuel. Tout fan normalement constitué des dessins de Katsura a sans doute déjà eu l'envie irrépressible de voir dans les cochoncetés couchées sur papier un peu "plus" que ce que le mangaka proposait dans Video Girl ou I"s. Grâce à M, cette envie sera en partie comblée, même s'il faut signaler qu'il n'y a rien de graveleux dans la relation ici présentée. Les séquences sont pour le moins "imagées" et parfois très suggestives et ne manqueront pas de susciter quelque excitation chez le lecteur à l'esprit mal placé. Et quel mal y a-t-il à ça, après tout ? La couleur était annoncée avec la très sexy première de couverture. Vous l'aurez sans doute compris, cette œuvre n'est pas du tout à mettre entre toutes les mains, c'est encore plus vrai en ce qui concerne les bonus tout en couleurs présents en début et fin d'ouvrage. À titre informatif, la nouvelle intitulée A Virgin a déjà été publiée il y a quelques années dans Bitch's Life, un magnifique art book regroupant des illustrations de différents mangaka et illustrateurs tous plus talentueux les uns que les autres.
Comme d'habitude chez Katsura, on constate qu'un soin tout particulier a été appliqué à l'ensemble des planches, ce professionnalisme fait très plaisir à voir, car le résultat est d'autant plus admirable pour les yeux. Les dessins sont vraiment très bons, à quelques exceptions près toutefois, comme par exemple certains visages de la belle Emi un peu "ratés". Rappelons que le style de l'auteur, à ce moment-là, n'était pas encore tout à fait arrêté, puisque M se situe tout de même bien avant la maîtrise graphique qu'est Zetman.
Même si ça peut paraître assez évident à dire comme ça, M est sans aucun doute un ouvrage de choix pour les aficionados de Masakazu Katsura. Les lecteurs occasionnels, plus à la recherche d'un titre scénaristiquement de qualité, n'adhéreront pas forcément, mais seront tout de même obligés de reconnaître l'incroyable qualité graphique de l'œuvre. ADAPTATION FRANÇAISEL'ouvrage est proposé dans un format BD classique, ce qui est plutôt rare pour un manga, la couverture est dotée d'un vernis sélectif. Les sens de lecture ont été conservés, oui, les sens, car M se lit de droite à gauche, tandis que l'histoire bonus A Virgin, elle, est proposée en sens de lecture occidental, exactement comme en VO (le art book dont elle est tirée se feuillette de gauche à droite), ce qui fait qu'il vous faudra faire pivoter de 180° le livre pour la lire. L'impression est de très bonne facture, de même que le grammage des pages. Côté editing, on constate que c'est plutôt correct, avec un lettrage assez précis et des onomatopées refaites, on note à ce sujet que la traduction de certaines d'entre elles est erronnée (les frottements de pantalon n'ont jamais donnés "tap tap" ou "spaf spaf"). La traduction générale s'en sort plutôt bien dans l'ensemble (bien que perfectible), le traducteur (ou traductrice) a jugé bon d'adapter la manière dont les deux protagonistes s'appellent l'un l'autre, ce qui fait qu'on se tape les prénoms au lieu des noms de famille.
DU MÊME AUTEUR

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RYO06/11/2006 |
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