
SYNOPSISDeux clans de ninja s'affrontent depuis des siècles : les Kôga et les Iga. Ce n'est que très récemment qu'un pacte de non-agression a été signé entre les deux groupes. L'occasion de consolider cette "alliance" se présente de plus aujourd'hui par le mariage programmé de Gennosuke de Kôga et d'Oboro d'Iga, mais le destin en décidera autrement, puisque le shôgun Tokugawa, afin de désigner son successeur au pouvoir, va organiser une guerre des ninja dans laquelle le vainqueur survivant apportera mille ans de prospérité à sa famille. Le pacte étant officiellement levé, les tueries peuvent désormais commencer... AVISSérie relativement courte de Fûtarô Yamada, qui a signé le roman original, et Masaki Segawa, en charge de la réalisation graphique, Basilisk est un formidable manga d'action, où se mêlent romance et suspense. Il a été publié pour la première fois en 2003 dans le Young Magazine Uppers, preuve qu'il est bien question d'une lecture pour adultes.
S'agissant d'un seinen manga, il n'est donc pas surprenant de voir avec quel degré d'attrocité les combats sont orchestrés ici. Rien d'anormal non plus que quelques belles paires de seins et beaux fessiers se baladent à droite à gauche chez la gent féminine des ninja. Voilà pour le côté "discutable" de la chose, comme aiment bien le souligner certains lecteurs. Autrement, Basilisk offre une histoire finalement assez simple, une sorte de Roméo et Juliette "battle royalisé" version ninja, où les caractères des protagonistes restent en fin de compte assez stéréotypés, à savoir la frêle jeune fille amoureuse et prête à se sacrifier, et le jeune homme charismatique et tout puissant plutôt tempéré. Certes le dilemme entre leur mission de ninja, où l'honneur tient une place prépondérante, et leur amour est intéressant à suivre, mais au-delà de cette ficelle scénaristique, l'intérêt de ce manga vient avant tout de ses affrontements d'une puissance et d'une originalité assez effrayantes. La plupart des combats sont vraiment bien conçus, chaque ninja ayant sa spécificité (avec des pouvoirs façon super héros (!)), on ne se lasse pas d'admirer les retournements de situations et les moments désespérés et critiques qu'ils engendrent. C'est violent, c'est bien fait, à tel point que ça en deviendrait parfois presque poétique (cf. les envolées de papillons). De plus, malgré trois volumes de lus, l'histoire semble encore loin d'avoir dévoilé tous ses secrets, le suspense sur le dénommé Tenzen est assez agaçant, car insoutenable, et pourtant, le dénouement est déjà si proche...
Les dessins de Masaki Segawa sont d'une bonne précision. Le mangaka semble avoir adopté la technique de Hiroya Oku (Gantz) pour réaliser ses planches. Il n'y a qu'à voir le cadrage informatisé et les divers décors qui jalonnent ce manga pour s'en convaincre. Décors tous tirés de photographies retouchées. L'impression finale est plutôt mitigée, ce côté "froid" pourrait en rebuter quelques-uns, c'est peu de le dire, mais les actions gagnent en netteté, ce qui est toujours appréciable. Les personnages ont quant à eux de bonnes tronches, même si là encore leur design ne fera sans doute pas l'unanimité, de même que la lueur externe permanente qui les entoure.
Puissant et prenant à lire, Basilisk s'adresse avant tout aux lecteurs avides de belles séquences d'action et qui ne prêtent pas attention au réalisme historique du contexte. Car du plaisir à lire ce manga, il y en a, aucun doute possible là-dessus. ADAPTATION FRANÇAISEKurokawa a mis les petits plats dans les grands pour cette édition française de Basilisk. Il n'y a qu'à voir les jaquettes qui bénéficient toutes d'un gaufrage du plus bel effet au niveau du logo titre et des noms des auteurs sur le dos de couverture. Les pages en couleurs sont présentes au début de chaque volume, même si la colorisation manque de talent, il faut avouer. Fait assez rare pour être signalé, les onomatopées ne sont pas toutes retouchées cette fois-ci, en effet, on a affaire la plupart du temps à une traduction adaptée sur le côté des originales (avec un style graphique similaire). Le lettrage est plutôt pas mal, même si pas parfait (la solution de facilité dans certaines bulles). La qualité du papier est très bonne (normal avec Hérissey), l'encrage manque en revanche un peu d'intensité dans l'ensemble. La traduction a l'air de s'en sortir convenablement, même si la rigueur n'est pas totale. Sens de lecture japonais.
DU MÊME AUTEUR

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RYO18/02/2007 |
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