
AVISRecherché pour une série de meurtres qu'il n'a pas commis, le journaliste freelance qu'est Grimmer s'associe au jeune inspecteur Suk, lui aussi impliqué dans cette sinistre affaire liée de toute évidence au secret du "511 Kinderheim". C'est au moment où ils s'attendent le moins qu'ils sont pris pour cible par leur ennemi commun. Mais grâce à l'intervention de Tenma, Suk parvient à rester en vie. Et c'est dans cette circonstance que Grimmer avoue son passé à celui avec qui il a partagé un pique-nique autrefois. Pendant que le duo tente de remonter à la source du problème, l'inspecteur Runge, officiellement en vacances, débarque à Prague. Son investigation l'amène à la "villa des roses"...
Le mystérieux Johann, véritable clé de voûte de cette histoire habilement racontée par Naoki Urasawa, montre une fois de plus toute la finesse et l'intelligence dont il est capable. Il semble décidément intouchable, insaisissable, tel son génie. Après douze volumes de péripéties en tout genre, de révélations intrigantes et parfois même horripilantes, le passé brumeux des deux jumeaux commence à transparaître. De nombreux protagonistes sont depuis entrés en scène, nombreux ont trouvé la mort, d'autres sont parvenus à en savoir un peu plus, alors que l'identité de certains ne sont même pas encore percées à jour. Mais tous contribuent, à leur manière, à faire avancer cette grande énigme d'une complexité rare. On est littéralement baladé par l'auteur qui ne se prive pas de nous assener d'indices et de pistes complètement faussés. Cependant, avec le come back de l'inspecteur Runge du BKA, un nouveau coin du mystère est dévoilé. Car l'une des grandes qualités de ce manga, c'est que l'action n'est pas portée par un seul protagoniste, mais plusieurs. La narration est ainsi plus "attractive" et intéressante. C'est tout à fait approprié pour une histoire de cette envergure.
Les dessins d'Urasawa sont réellement maîtrisés. Son style, peu conventionnel par rapport à ce que l'on trouve dans la BD japonaise, fait plaisir à voir. Le rendu final des planches est très esthétique et d'une grande clarté. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les cases sont vides, les décors remplissent parfaitement leur rôle et restituent très bien l'ambiance des pays de l'est, bien que l'on soupçonne l'emploi un peu systématique de photographies. De plus, les scènes "mouvementées" sont vraiment bien réalisées, aidées par un découpage des plus percutants.
Avec ce douzième volume, de nouveaux éléments sur la vérité du "monstre" se dévoilent au grand jour. Sans pour autant apporter des réponses concrètes au lecteur, ils n'en restent pas moins précieux pour la suite des événements. Est-il ainsi besoin de préciser que ce manga est véritablement une petite merveille de polar comme Urasawa sait si bien les faire ? La réponse est évidente. ADAPTATION FRANÇAISEAprès une petite baisse de régime au niveau de l'encrage, Kana se rattrape avec un résultat des plus convaincants dans les derniers tomes sortis. On n'est cependant pas à l'abris de quelques pages un peu fades ou tachées, mais l'ensemble est vraiment très satisfaisant. La traduction et l'adaptation semblent excellentes, tout est facilement compréhensible, et aucune coquille n'a été détectée au niveau syntaxique. La reliure est bien souple et la qualité des pages très correcte. On pourrait déplorer le fait que l'éditeur n'ait pas conservé le logo-titre d'origine, bien plus beau que celui de la version française, mais ce n'est pas bien grave en soi.
DU MÊME AUTEUR

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RYO09/01/2004 |
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