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LES KAMIKAZE

Pendant la période sanglante de la Seconde Guerre Mondiale, ces pilotes suicidaires, ont fait trembler bon nombre de marins américains. Écrasant leurs appareils bourrés d'explosifs, ces kamikaze étaient qualifiés de sans peur et prêts à tout pour leur pays. Mais la réalité était souvent bien autre…

7 décembre 1941. La petite île hawaïenne de Pearl Harbor se réveille en ce dimanche matin. Mais le ciel bleu azur que les habitants avaient l'habitude de voir est aujourd'hui envahi par plus de 300 avions. Ce sont les Japonais qui attaquent la flotte américaine en mouillage dans l'île. L'effet de surprise est total. Le Japon entre dans la Seconde Guerre Mondiale ce jour-là, mais il ne s'arrête pas là. En effet, les Nippons progressent vite dans le Pacifique et leur flotte est impressionnante. Les Américains sont débordés. Cependant, à partir de 1943, la roue tourne. Les troupes de l'oncle Sam, touchés plus psychologiquement que matériellement par l'attaque de Pearl Harbor (la plupart des bateaux endommagés a été très vite réparée), regagnent du terrain. Leurs chantiers navals tournent à plein régime et ils s'emparent des îles du Pacifique les unes après les autres. La déchéance du Japon commence.

Les forces japonaises s'affaiblissent. Beaucoup de porte-avions et d'avions ont été détruits et le nombre de pilotes commence à faire défaut. La menace d'un débarquement américain aux Philippines se fait sentir. C'est à ce moment-là que le gouvernement japonais crée un nouveau type d'unité : les escadrons "kamikaze" ou kamikaze tokubetsu kogekitai (corps spécial d'intervention kamikaze). Les kamikaze (vent divin) étaient censés redresser la situation japonaise dans le conflit... La plupart de ces pilotes étaient très jeunes (en moyenne 18 ans) et n'avaient aucune heure de vol à leur actif. On leur inculquait les bases du pilotage et rien de plus. Pour la propagande, les kamikaze étaient fiers et contents de mourir pour l'empire. Ils étaient aussi tous volontaires. Mais souvent, en réalité, ces jeunes gens n'avaient pas l'intention de mourir, les commandants leur mettaient la pression, les questionnaient et les convoquaient sans cesse. On leur promettait une déification après leur mort, les faisait poser à la postérité et on organisait des cérémonies pour leur départ (cérémonies arrosées de saké). Parfois on mettait aussi en place des adieux faits par de jeunes collégiennes en pleurs. Tout ça bien sûr était organisé par l'armée. L'honneur était aussi un facteur important pour le kamikaze. Encore fort présent dans la culture japonaise, il était bien vu de se sacrifier pour l'honneur de sa famille et de son pays.

Le jour du départ approche. On prépare les appareils. La plupart du temps, ils étaient vieux et inutilisables en combat réel. Ce genre d'engins pouvaient contenir presque 1 tonne d'explosifs et on s'arrangeait pour les remplir au maximum, de ce fait, les réservoir étaient à moitié vides (puisqu'un aller simple était suffisant), on supprimait le parachute, le système d'urinoir… Tout était bon pour gagner quelques kilos pouvant servir. Les pilotes se préparent. Ils portent un bandeau avec les insignes familiaux et emportent avec eux un sabre. Un dernier verre de sake et on décolle… Parfois, par je ne sais quel miracle, un appareil revenait sain et sauf à la base. Mais au lieu de louanges, c'étaient les insultes qui accueillaient le survivant. Le fait de revenir en vie était considéré comme une traîtrise pure et simple.

Le 10 août 1945, suite aux deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, l'empereur Hirohito annonce la reddition de l'empire. C'est la fin de la guerre pour le Japon. On ne connaît pas le nombre exact de kamikaze envoyés en mission (sans doute un peu plus de 2000) mais une chose est sûre : aujourd'hui encore on se souvient d'eux et bien que leur sacrifice a été souvent inutile, on ne peut que leur reconnaître un certain courage…

Article rédigé par Kensou.

 

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