ARTICLE : LES YAKUZA
Les
yakuza sont les membres de la mafia japonaise. Parfaitement
intégrés dans la société japonaise, ils touchent à tous les
domaines. Nous, occidentaux, ne les connaissons qu'à
travers les manga et les films, mais leur influence sur le
Japon et sur les Japonais est, elle, bien réelle. Voyons ce
qu'il en est de ces "mafioso" du pays du soleil levant.
Les
premiers yakuza apparaissent au début du XVIIe siècle. A la
base c'était une "association" visant à se protéger des exactions
des samurai. Dans cette association il y avait les tekya (vendeurs
ambulants) et les bakuto (joueurs professionnels). D'ailleurs
le terme "yakuza" vient d'un jeu de carte (le hanafuga). Dans
ce jeu, la combinaison perdante est faite de 3 cartes : 8 (ya),
9 (ku) et 3 (za). Par extension, cela désigne aussi les perdants,
les rejetés, les gens en marge de la société. À l'ère
Meiji et jusque dans les années 30, les yakuza vont s'infiltrer
dans les milieux ouvriers et dans la politique. Le gouvernement
s'alliera à eux (vu que les yakuza aidaient l'ultra nationalisme
proche du pouvoir). En échange, ces derniers avaient plus
de liberté.
Après
la défaite du Japon pendant la 2e Guerre Mondiale, le pays
sera totalement ravagé. La pègre en profitera pour s'accaparer
le monopole du marché noir. C'était presque une période florissante
vu que suite à l'occupation américaine, la police n'avait
plus le droit d'être armée. Les yakuza étant anticommunistes
(puisque ultra nationalistes), ils seront aidés par les Américains.
Ceux-ci libéreront même des criminels anticommunistes incarcérés.
La loi japonaise étant ce qu'elle est, les actions des yakuza
étaient presque "légales". Mais en 1992, une loi antigang
est votée pour tenter de faire disparaître les boryôkudan
(syndicats du crime). Les yakuza commenceront alors à se faire
moins nombreux. Mais ils sont toujours là, camouflés en diverses
entreprises.
Aujourd'hui,
la police a créé une section antigang pour lutter contre
les yakuza. Ceux-ci se défendent en disant que c'est grâce
à eux que la criminalité est basse au Japon puisqu'ils régulent
les actions des voyous. Mais la plupart des meurtres perpétrés
au Japon sont commis par des yakuza. À l'instar des
samurai qui suivaient le Bushidô (la voie du guerrier),
les yakuza suivent leur propre ligne de conduite : le Ninkyôdô
(la voie chevaleresque). en voici les principales règles :
1.
Tu n'offenseras pas les bons citoyens.
2. Tu ne prendras pas la femme du voisin
3. Tu ne voleras pas l'organisation
4. Tu ne te drogueras pas
5. Tu devras obéissance à ton supérieur
6. Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de
la prison pour lui
7. Tu ne devras parler du groupe à quiconque
8. En prison tu ne diras rien
9. Il n'est pas permis de tuer un katagari (personne ne
faisant pas partie de la pègre) |
À
noter que la n° 9 n'est pas souvent appliqué !! ^-^. L'organisation
est structurée comme une famille. En haut de la pyramide,
on trouve le "père" (oyabun) qui a une autorité totale sur
ses subordonnés (kobun) ou enfant (wakashu). L'oyabun est
assisté d'un lieutenant, le wakagashira et d'un autre, le
shatei-gashira (de même rang que le 1er mais avec moins d'autorités).
Au milieu on trouve les "frères" (kyôdai) et tout en
bas les "petits frères" (shatei). Voici les familles les plus
importantes à l'heure actuelle :
-
Le Yamaguchi-gumi (750 clans et a peu près 20 000 membres)
- L'Inagawa-kai (313 clans et 6 700 membres)
- Le Sumyoshi-gumi (177 clans et 7 000 membres)
Comme
je l'ai dit plus haut, les yakuza touchent à tous les domaines.
Ils tiennent le commerce du sexe (surtout dans le quartier
de Shinjuku : le Kabukichô), les prêts d'argent, l'immobilier,
le trafic d'armes et de drogues, la "protection" de commerçants
(dans la banlieue de Ginza), les paris, les casinos et autres
jeux (genre pachinko). Dans la rue il est facile de les reconnaître.
Habillés en costumes, les cheveux gominés et toujours en groupes,
on les différencie grâce à deux choses : leur tatouage dans
le dos (qui prend parfois plusieurs années pour être fait)
et souvent le petit doigt de la main coupé. Cette ablation
est appelée yubitsume et est un héritage des bakuto (les joueurs
se coupaient un doigt quand ils ne pouvaient pas payer leurs
dettes). Les yakuza eux se coupent le doigt pour se faire
pardonner auprès de leur chef. Aujourd'hui les yakuza font
partie intégrante du paysage japonais. Leurs revenus s'élèvent
à plusieurs milliards de dollars. Peu d'entre eux suivent
encore l'éthique et les traditions au sein des clans se perdent.
Dans les années 60, on comptait 180 000 yakuza au Japon. Aujourd'hui
il en reste a peu près 80 000. Mais ils ne sont pas près
de disparaître tant leurs domaines d'action sont vastes, leurs
liens (avec les politiciens, les triades, la mafia sud-coréenne)
forts et leur place dans l'imaginaire nationale importante.